vendredi 20 avril 2012

Michael Kiwanuka - Home again







Comment ne pas l’introduire par le titre le plus majestueux qui lui a été rendu : sound of 2012 par la BBC, rien que ça... Le même qui a été donné à Adèle et auparavant Mika, un titre qui trompe peu donc. Kiwanuka c’est 24ans de sagesse, un oxymore bien mérité. Pas révolutionnaire pour autant le jeune chanteur anglais réunit la recette gagnante : mélodie folk qu’accompagne une voix soul. Une mélodie qui ne prend pas de ride et à qui on ne donne pas d’âge! Son timbre de voix révèle du mystère à un tel âge, faites écouter à quiconque sa voix et mettez le au défit d’y poser un âge...


 


Depuis quatre ans tout au plus, la soul reprend une certaine place de choix dans le tourbillon musical du web, un certain besoin de retour aux sources face aux multiples remix aussi brillant qu’éphémère. Repliage recommandé à la maison mère, la voix éraillé d’Ottis Reading appelle tout le monde à rentrer au port et Aretha Franklin enseigne l’authenticité. Résultat, une belle bande de soulmen, certains plus mainstream que d’autres tout en restant indiscutablement naturel mais probablement plus lisse. La place est faite pour accueillir les jeunes prodigues, moins lisses, plus vifs. Le jeune talent en l'occurrence est anglais, de parents venus d’Ouganda, deux disques changent sa vie : The Freewheelin‘ de Bob Dylan et une compilation soul distribuée avec un magazine de musique, comprenez trois choses : les meilleurs disques qu’on puisse vous offrir d’une part, le plus grand disque de folk dans le genre référence d’autre part puis une bonne dose de soul pour guider les doigts de Kiwanuka sur sa guitare : «J’ai compris qu’on pouvait faire des miracles en racontant des histoires très personnelles, qu’on pouvait toucher les autres en parlant de soi. J’ai eu envie d’essayer à mon tour, c’était presque un défi.» Parce qu’en plus de tout ça, l’artiste écrit, il écrit bien et il écrit vrai!


 


Au final après une collaboration avec un des membres du groupe The Bees, Paul Butler et quelques arrangements bien léchés l’album est là. Le résultat est groovy, indatable, charmant, sensible, bourré de talent, sensuel, touchant finalement et tout simplement vivant ou comme il le dit lui même, incarné. On se questionne tout de même, touché d’introspection musicale mal placée, est-ce le goût du vintage ressassé ? Un phrasé langoureux déjà mille fois entendu ? Un Tim Buckley venu revisiter son père d’esprit Ray Charles ? Un parmi tant d’autres sous de multiples références qui en faite, n’évoluent pas ? Permettez moi d’en douter et de donner toutes ses chances (déjà bien distribuées) à un être lumineux et sincère qui, en un premier album démontre candeur et expérience le temps d’un souvenir peut-être mais dans un tourbillon d’indépendance pour sûr. Une belle découverte, un bel album... Belle écoute !



 


On ne change pas une équipe qui gagne, Michael Kiwanuka est passé le 18 avril à Paris - too bad.

 Alors on met les chansons à fond les ballons dans le salon!




Aucun commentaire: