mardi 27 septembre 2016

Victoria, une nana du 21e siècle


Putain ça fait du bien ! Et oui, on a même envie d'utiliser des "putains" à gogo pour décrire "Victoria", film de Justine Triet au scénario simple (la vraie vie) et au dialogue délirant. Mais surtout, on crie de joie à mesure que le film passe, on a envie de sauter sur le fauteuil rouge du cinéma et de crier à ceux qui penseraient que la réalisatrice pousse un peu loin : "Mais regardez-la la femme du XXIème siècle !" "Victoria" est un sacré foutoir, un film vibrant et vivant qui suit Virginie Effira qu'on m'avait vendue magistrale et que je trouve surtout juste dans sa quête de vivre sa vie. Avocate, mère célibataire de deux filles, un ex qui parle d'elle sur un blog, des baby sitters qui frôlent le burn out tant elle est absente et un métier éreintant où elle prend plus de plaisir qu'au lit. Si je n'ai pas l'audace ni l'orgueil de me prêter au jeu du critique cinéma que je ne suis pas, j'avais vraiment envie de prendre mon clavier pour dire que j'ai adoré ce portrait de femme. Je me suis même imaginée, un cours d'histoire en 2250, le monde a bien changé, et les étudiants prennent note devant ce film centenaire pour étudier la femme du XXIème siècle. 

Elle est looseuse, elle est égoïste (au même niveau du Lena dans Girls), elle drague, elle couche, elle gagne sa vie, elle gère ses mômes, elle invite des inconnus dans sa chambre, elle est débordée, elle est submergée, elle voit un psy, elle voit une voyante, elle pense trop, elle est bordélique, elle est sexy, elle fume trop, elle prend des médocs, elle mange mal... Mais qu'est-ce que ça fait du bien ! C'est en la voyant évoluer pendant tout le film que tu réalises le nombre de clichés à la con qu'on te fout sous les yeux constamment. Attention, je ne dis pas que j'aspire à ça et à ce modèle. Qu'à force de vouloir être libre, je veux qu'on puisse me foutre la paix dans ma chute et tomber très bas. Je dis juste qu'une nana nature, c'est beau à l'écran, c'est vrai et c'est un sacré bordel. 



dimanche 18 septembre 2016

A Rome ou à Londres, le rêve poudré d'India Mahdavi


Je vous ai déjà parlé de mon amour du rose. Je sais qu'on s'est un peu quitté mais on se connaît toujours n'est-ce pas ? C'était donc logique de flasher sur cette réalisation d'India Mahdavi pour les boutiques Valentino de Rome et de Londres. Un rêve poudré qui mêle terrazzo et touche de doré. Le décor idéal d'un écrin luxueux. Comme un songe romantique et moderniste, une nouvelle idée du rose, une nouvelle idée du luxe.




vendredi 16 septembre 2016

Après Deliveroo, Foodora et Frichti, vient Chaud Chaud Chaud


Alors oui on a parlé de la fermeture de Take it Easy, mais des petits nouveaux sont arrivés avec une offre légèrement différente et géniale. Hier soir, grande discussion avec les amis : "Pourquoi utiliser Deliveroo ?" Parce que pour moi, la passion c'est d'aller au restaurant, de découvrir un lieu et une atmosphère, une déco et des personnalités. Alors si mon mec me disait "eh ce soir, on se ferait pas notre mexicain préféré livré par Deliveroo ?", je déprimerai. Je n'y vois plus du tout d'intérêt. Le restaurant, c'est certes bien mangé et ne pas faire à manger mais c'est surtout sortir. (On se ferait pas un petit post sur mon problème avec le fait de sortir ?) Mais mon meilleur ami n'avait pas du tout le même avis. Pour lui, c'est le paradis de pouvoir, sans bouger et sans faire à manger, avoir la même qualité dans l'assiette que s'il était sorti. Et il peut bien se nourrir ou se faire plaisir devant son match ou son film et... Comble du luxe pour lui : manger différemment de sa nana. Tout le monde est heureux. Comme quoi, il y a de la place pour tout le monde.

Donc j'explique pour ceux qui sont à l'ouest, Take it Easy est arrivé et a révolutionné l'offre "à emporter" en disant, je t'amène chez toi la bouffe de ton resto préféré. Pas un bo bun d'un sombre bouiboui ou des mauvais sushis, non, le meilleur burger de Paris ou un bol de ramen du meilleur jap du quartier. Et tout ça à vélo pour un esprit écolo bobo comme on adore. Deliveroo est ensuite arrivé avec la même offre. Foodora également. (Mais vraiment la même même offre einh). Puis des starts up ont décidé d'innover avec Frichti d'abord "une cuisine de tous les jours fait avec amour" (ah la puissance du storytelling) que je vais vite tester au boulot car eux livrent loin et je les aime pour ça. 

Enfin, et c'est tout de même le sujet de ce poste, le dernier venu estampillé "très très branché" : Chaud Chaud Chaud. Validé par Vogue et créé par Charles Compagnon et Adrien Bouchaud (déjà aux manettes du Richer et du 52 Faubourg Saint-Denis), ce concept propose des plats de chefs, des produits sources et des vins de sommelier. Et que l'innovation continue d'avoir sa place dans un domaine où tous mes potes (et moi) se disaient "pourquoi on n'y avait pas pensé !? Maintenant il n'y a plus rien à faire dans ce domaine", c'est motivant, rafraichissant, passionnant. Et j'ai hâte de tester.




mercredi 14 septembre 2016

Visite de la Villa Cavrois











Vous vous souvenez de mon excursion à la Villa Savoye de Le Corbusier ? Et bien j'ai réitéré avec la villa Cavrois dans le nord de la France construite par Robert Mallet-Stevens que j'aime beaucoup. Si vous regardez les photos, vous devriez être impressionnés par l'état final qui transparait du bâtiment. Seulement c'est faux. Tout a été reconstruit et rebâtit pendant des années car la villa était devenue... un squat bourré de tags et entièrement endommagé. En regardant les photos et les vidéos, j'avais presque envie de pleurer. Heureusement (petite histoire de Bisounours pour ce retour à l'écriture) : "Par arrêté du 18 décembre 2008, l’État a remis la villa Cavrois en dotation au Centre des monuments nationaux, avec la mission d’assurer sa restauration et de prévoir son ouverture au public." Et donc magie, la villa a été restaurée et a pu réouvrir. Le centre a travaillé sur les sols, les revêtements, les matériaux... Un travail de titan, du plancher au marbre en passant pas les luminaires et le mobilier spécialement créé par Mallet-Stevens pour cette villa. Les histoires des architectures, un truc passionnant.




lundi 12 septembre 2016

La plus jeune chef de France a 21 ans et elle est sur ChEEk


Pour ChEEk Magazine, je suis allée interviewer la plus jeune chef de France. Le résultat est ICI et c'est le premier contenu depuis plus d'un mois. On dit HOURRA.


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jeudi 4 août 2016

La déclaration féministe de Gérard Depardieu

Le samedi et le dimanche, la plupart du temps parfois, je me lève tard ! Et lorsque je vais à la douche, j'allume France Inter et je tombe sur des émissions diverses et variées (mais que je commande à bien connaître tout de même, ma douche allant de 11h à 15h... oui oui). La dernière fois, je suis tombée sur Guillaume Gallienne dans Ca peut pas faire de mal. Normalement, le type lit Balzac, Maupassant ou encore (et j'avais adoré l'émission) Le Nom de la Rose d'Umberto Eco. Cette-fois là, il parlait cinéma (certainement une redif') et il en vint au recueil de Gérard Depardieu écrit en 1988 qui compilait les lettres, déclarations ou conversations qu'il eut avec ces gens du métier, acteurs ou réalisateurs, qu'il admirait tant.
Guillaume Gallienne prend la parole et lit cette lettre adressée à Catherine Deneuve, à la fin, hagarde sur mon lit je me repassais les quelques phrases somptueuses que je venais d'entendre. Il me fallait donc aller sur Internet et retrouver ce texte. Depuis je le relis, et je me suis dit qu'il serait pas mal édité sur ce blog. Car c'est une vraie déclaration féministe que le désormais controversée mais génial, Gérard Depardieu, réalise.






"Ma chère Catherine,
Nous venons de vivre douze semaines ensemble. C’était la première fois que nous tournions en extérieur, la nuit. Je t’ai vue belle et fatiguée, belle et tendue, je t’ai découverte belle de nuit.
Il y a des beautés figées, égoïstes, des beautés qui cherchent à vous en imposer, à vous réduire à un rôle de Sganarelle ou de Quasimodo. La vraie beauté est enrichissante. Près d’elle, près de toi, je me sentais incapable de mauvaises pensées, d’être violent. Cette beauté-là apaise, rassure, vous rend meilleur. C’est une vraie discipline d’être belle, il faut beaucoup de rigueur, de vigilance. C’est un équilibre précaire. Un homme peut débarquer à une émission sans être rasé, les yeux cernés, un petit coup de maquillage et de rasoir et le tour est joué. Si une femme n’est pas bien dans sa peau, c’est tout de suite catastrophique, on ne peut pas tricher. Il faut être très généreuse pour rester fidèle à sa beauté, il faut beaucoup de tenue. C’est penser à chaque instant aux autres. Il n’y a que la jeunesse qui peut être insolente dans la beauté, qui n’en a rien à foutre.
Notre couple de cinéma est plus intense, plus solide que beaucoup de couples dans la vie. Il y a un vrai désir à jouer ensemble, une complicité professionnelle qui peut en rendre plus d’un jaloux. On s’amuse tous les deux, on s’amuse à s’embrasser devant les caméras alors que la plupart des acteurs vous diront qu’il n’y a rien de plus casse-gueule, de plus angoissant qu’un baiser au cinéma. Nous, on se regarde, on se dit des yeux : « On va encore y avoir droit ! »
J’ai lu dans un sondage que tu étais la maîtresse rêvée des Français. Je sais qu’il y a des légendes qui courent autour de nous, que l’on fantasme sur notre couple depuis Le Dernier métro. Il y a un interdit entre nous. Tu es une idole bourgeoise et racée ; je suis un fils de paysan aux mains fortes, avec toute sa santé. Dans le film de François, tu te donnes brutalement à moi, sans pudeur, par terre, comme seules sont capables d’oser les femmes bien éduquées. Toi et moi, c’est presque une conquête sociale, la chance pour un gars de la terre un peu rustre d’être aimé par la plus belle femme de faubourg Saint-Germain. C’est la prise de la Bastille de l’amour !
Tu traînes avec toi deux énormes valises chargées de fantasmes, alors que tu vis des choses simples, très poétiques. Tu as su protéger ta vie privée, tes enfants. Certains pensent que tu es froide. Tu es simplement directe, franche, sans ambiguïté. On te croit sereine, organisée. Je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi désordonnée, fantaisiste avec l’argent, ses affaires.
Mais il y a plus intéressant que l’actrice, sa beauté institutionnelle. Gainsbourg disait que tu marchais comme un soldat. Mastroianni que tu étais un Prussien. Je ne t’ai jamais vue te plaindre sur un tournage. Tu peux rester debout des heures sans un mot, sous un soleil de feu ou dans un froid de canard. Tu peux faire la fête, boire comme un hussard et être prête au combat le lendemain.
Un jour, dans une interview, j’ai déclaré que « tu étais l’homme que je voudrais être ». J’ai envoyé cette phrase insensée pour dire que j’enviais chez toi ces qualités qu’on prête d’ordinaire aux hommes, et qu’on trouve si rarement chez eux. Tu es plus responsable, plus forte, plus carapacée que les acteurs. Tu es moins vulnérable. Sans doute, ce paradoxe est-il la vraie féminité. La féminité, c’est l’hospitalité, l’ouverture, c’est aussi savoir résister, ne pas se laisser atteindre par ces regards malsains, insistants, allusifs. On n’est pas dans un monde où l’on accepte la féminité.
La nuit, dans la tension du tournage de Drôle d’endroit pour une rencontre, on mangeait ensemble sur le pouce. J’avais besoin de décharger mes angoisses en racontant des choses énormes de vulgarité. Tu riais pourtant, tu m’encourageais à me laisser aller. Ton humour, ton indulgence me libéraient. Il y a souvent des histoires plus fortes entre les hommes et les femmes quand la sexualité n’est pas là.
« Elle était belle, si la nuit
Qui dort dans la sombre chapelle
Où Michel-Ange a fait son lit 
Immobile peut être belle. »
Peux-tu m’écrire, Catherine, pour me confirmer qu’il s’agit bien d’un poème d’Alfred de Musset.
Je t’embrasse.
Gérard Depardieu, Lettres volées, Ed. J.-C. Lattès, Le Livre de Poche, 1988."

"De ce rêve d'incarnation, la mode est devenue un rêve de possession"

La question : la mode, c'est démodé ? me questionne moi-même pas mal.
J'ai donc attentivement regardé ceci :

dimanche 17 juillet 2016

Joan Didion, l'élégance de la gestuelle


Honte à moi, je n'ai jamais lu Joan Didion. Et oui, je l'ai connu comme la moitié des incultes fashionistas parce qu'elle posait pour la pub Céline. Oui ma culture s'arrête en effet là. N'empêche que j'avais été bouleversée par son élégance, dans cette dit-pub. Et j'avais creusé, m'achetant au passage son premier roman que je viens tout juste de ressortir pour le repos d'été. Il y a peu, je suis tombée sur un compte Instagram dédié, sorte de club des fans qui reprend les nombreuses photos de cette mi-muse mi-héros américaine née en 1934. Et là je n'ai pas pu m'arrêter. J'ai tout regardé, je suis repartie sur Pinterest, j'ai feuilleté des vieux livres, j'ai lu des articles : tout y est passé pour transcender cette élégance. Elle est de son temps tout en paraissant indémodable, la signature des incontournables de l'élégance. Lorsque j'ai mis les photos pour ce post j'ai été frappée par sa gestuelle : elle est constante. Ses mains sont l'outils de son élégance, elle les positionne avec justesse : on reconnaît sa parfaite maitrise de l'objectif et la nonchalance des gens que j'admire. Je continue de la regarder longuement, comme si elle allait soudain s'exprimer et me dire elle-même pourquoi je la trouve si fascinante. Est-ce son look naturel, ses habits, sa chevelure ? Non, je crois sincèrement que ce sont ses mains. Ses mains qui vont m'amener à ses livres. Franchise de ma nullitude mais au moins, la transe de l'élégance m'amène à la Culture.