Il y a peu, je suis tombée sur un compte Instagram dédié, sorte de club des fans qui reprend les nombreuses photos de cette mi-muse mi-héros américaine née en 1934. Et là je n'ai pas pu m'arrêter. J'ai tout regardé, je suis repartie sur Pinterest, j'ai feuilleté des vieux livres, j'ai lu des articles : tout y est passé pour transcender cette élégance. Elle est de son temps tout en paraissant indémodable, la signature des incontournables de l'élégance. Lorsque j'ai mis les photos pour ce post j'ai été frappée par sa gestuelle : elle est constante. Ses mains sont l'outils de son élégance, elle les positionne avec justesse : on reconnaît sa parfaite maitrise de l'objectif et la nonchalance des gens que j'admire. Je continue de la regarder longuement, comme si elle allait soudain s'exprimer et me dire elle-même pourquoi je la trouve si fascinante. Est-ce son look naturel, ses habits, sa chevelure ? Non, je crois sincèrement que ce sont ses mains. Ses mains qui vont m'amener à ses livres. Franchise de ma nullitude mais au moins, la transe de l'élégance m'amène à la Culture.
BRANCHETTE COSMIQUE
Affichage des articles dont le libellé est Livres. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Livres. Afficher tous les articles
dimanche 17 juillet 2016
lundi 25 avril 2016
Ode à l'amour et à la lucidité - merci Sagan
Je pourrais commencer par une longue tirade sur ce que représente Sagan à mes yeux mais franchement cette fois, je préfère aller droit sur mon sujet : La Femme fardée de François Sagan, roman de 500 pages, fresque publiée en 1980 et écrite durant trois ans. J'ai souvent lu que Sagan n'avait écrit aucun chef d'oeuvre, à vrai dire je m'en fous puisque pour moi, son écriture ne cesse de m'émerveiller. Comment peut-on, à ce point, pointer les travers d'un personnage avec une telle lucidité ?
Nathalie Crom dans Télérama lors de la réédition de l'ouvrage "La Femme fardée - roman d'une épaisseur rare, au sein d'une bibliographie où dominent les livres minces -, ils sont une petite dizaine, hommes et femmes, qui se désirent, se désaiment, se jalousent, se défient en huis clos, luxueusement prisonniers d'un navire de croisière. Acuité du regard, grande pénétration psychologique, netteté du trait, empathie non exempte de cette cruauté que génère l'excès de lucidité, précision et élégance extrême d'une phrase au classicisme impeccable et sûr de lui : Sagan est là, bel et bien, en pleine possession de ses moyens. Empruntant au Chateaubriand de la Vie de Rancé l'exergue admirable de La Femme fardée : « Restent ces jours dits heureux qui coulent ignorés dans l'obscurité des soins domestiques et qui ne laissent à l'homme ni l'envie de perdre ni l'envie de recommencer la vie. »"
Je préfère la citer, je ne saurai pas mieux expliquer ce qui me touche en Sagan. Elle perce les moments de vie avec une franchise qui me plaît et qui me parle. A vrai dire, ce ne sont jamais ses histoires qui m'emballent et qui m'emportent, c'est ce lien on ne peut plus moderne avec le présent et la réalité qui me porte. Que ce soit en 1954 avec Bonjour Tristesse ou ici, en 1980, c'est comme si elle écrivait à ma génération tant les liens entre les hommes ne changeront finalement jamais. J'ai été bouleversé (oui, tu as compris toi lecteur que je suis vite émotive) par cette histoire de femme fardée nommée Clarisse ramenée peu à peu à la vie par un élégant voyou. Et parce que c'est de Sagan que je voulais vous parler, autant faire parler Sagan.
- "Depuis vingt ans, il y avait eu beaucoup de bouches et beaucoup de baisers, prometteurs ou apaisés, des baisers d'avant et des baisers d'après, mais tous avaient été des baisers situés chronologiquement. Il n'y avait plus eu, plus jamais en effet, de ces baisers inutiles, gratuits, finals en soi, ces baisers hors du temps, hors de la vie, presque hors du sexe et du coeur, ces baisers nés de la pure envie d'une bouche pour une autre."
- "Il pensait au récit qu'il ferait à Clarisse, au rire qu'ils auraient ensemble, et il se rendit compte avec terreur que déjà, déjà, il ne lui arrivait rien qu'aussitôt il ne rêvât de lui raconter. Etait-ce pour lui de l'amour ? pensa-t-il : l'envie de tout dire à la même personne, et que tout ce qui vous arrive vous semble aussi drôle ou passionnant."
- "Julien eut l'impression que c'était leur histoire que quelqu'un lui racontait : son histoire à lui et à Clarisse, cette histoire qui allait être manquée comme semblait le souligner toute cette musique, comme si elle eut été en même temps que celle des souvenirs qu'il n'avait pas eux, celle de l'échec, celle d'un chagrin prémonitoire. Et quand elle revint pour la dixième fois, soufflée par le violon, jusqu'au piano interdit, ravi et las de l'accueillir, quand ces longues notes revinrent vers Julien, il dut détourner la tête vers la mer sous la pression brûlante et folle, oubliée depuis longtemps, des larmes sous ses paupières. De même qu'il avait rêvé de façon poétique et irréelle son futur avec Clarisse, sa vie amoureuse et sentimentale avec Clarisse, sa vie d'amant, bref, et qu'il l'avait rêvée avec tous ses charmes, de même il lui semblait maintenant en recevoir à l'avance tous les coups et toutes les égratignures; mais cela dans sa chair même, dans la réalité concrète, si terriblement concrète que prend le chagrin dans les choses de l'amour, rendant tout si précis, si désert, si terre à terre et si définitif."
mercredi 10 février 2016
La vocation de Sophie Fontanel et son immense questionnement sur l'élégance
La photo, comme ce titre à rallonge anti-peps, ne rend pas honneur à cet ouvrage. D'abord la photo, prise à l'aéroport Charles de Gaulle pour Instagram car j'avais 6h de retard, je devais donc attendre, je suis rentrée dans un kiosque et j'ai trouvé Jésus, revue de bouffe dont je vous reparlerai et le dernier livre de Sophie Fontanel, ancienne journaliste mode historique du ELLE, aujourd'hui pro d'Instagram, précurseuse de l'outil Internet, chroniqueuse dans L'Obs, elle est une boite à outils que j'admire pour parler (et savoir en parler) sérieusement de la futilité et se poser des questions sur un monde en apparence futile, snob et gravitant les pieds sérieusement loin de la Terre. Je comptais attendre un peu pour le lire et puis là... mon livre que j'avais amené, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, m'a paru moins intéressant (alors qu'il l'est, mais c'est une autre histoire, un autre avis, un autre post). Je l'ai avalé en quelques heures, j'ai plongé dans l'écriture métaphorique et poétique de Sophie Fontanel et j'ai même pleuré devant certains traits d'une esthète qui m'aide depuis longtemps à assumer mes goûts jugés futiles.
C'est une histoire de vocation. Je pensais trouver celle d'une journaliste, j'ai découvert celle d'une amoureuse des beaux habits partie chercher des transes d'élégance. Evidemment je le savais, il faut suivre l'Instagram délirant et même révolutionnaire de cette écrivain pour comprendre ses questionnements perpétuels sur le thème de l'élégance. C'est quelque chose qui me parle, une discussion récurrente que j'ai avec ma mère et après cette lecture, c'est même une question quotidienne quand je croise quelqu'un. Pour tout vous dire, je ne vais pas faire une chronique de ce livre que j'ai trouvé génial et qui m'a touché, vous en trouverez des très bonnes dans les médias traditionnels et une super interview de Sophie Fontanel chez Café Mode. Je préfère vous parler de ce thème qu'elle met en avant : l'élégance. Qu'est-ce que l'élégance ? où la trouver ? comment la perpétuer ? comment un habit vous élève, vous cache, vous transforme ? quelle est la force d'un habit ? C'est toutes ces choses merveilleuses sur la mode dont Sophie parle avec ironie, décalage et un amour gigantesque. Ca me parle d'autant plus que la mode n'est pas franchement élégante, qu'il suffit de regarder un Truffaut pour découvrir qu'aujourd'hui le casual a pris les devants, qu'on n'ose à peine mettre un long foulard dans nos cheveux, du rouge sur ses lèvres. L'élégance est différente pour chacun d'entre nous, pour certains il s'agit d'attitude, pour d'autres de détails, et d'autres encore, de vêtements. Contempler quelqu'un d'élégant est une vanne ouverte à l'admiration, on accumule les petites choses qui nous impressionnent, en espérant qu'avec le temps nous les ferons nôtres.
Ca m'a également amené à me questionner sur la féminité, la sensualité, la vulgarité. Je me souviens d'une personne que j'ai trouvé incroyable, voluptueuse, féminine, énergique et lorsque je l'ai dit à des amies, elles ont réagi ainsi "mais non, tu n'es pas sérieuse, elle est tellement vulgaire". Et là je me suis demandée quels étaient les codes communs ? Sont-ils différents selon les classes sociales, l'éducation ? Peut-être aujourd'hui. Pourtant, dans les années 60, je vous défie de prendre une photo d'ouvrière sur son 31 et de la dissocier d'une grande bourgeoise. Car les codes étaient établis pour être élégante. Et le raffinement dans la coiffure ou dans un chemisier n'avait pas de prix. Aujourd'hui, les codes sont subtiles et il faut les avoir tous pour bien saisir qui l'on a en face. Un énergumène étrange ou une fashion victime ? Une femme au foyer au bout du rouleau ou une bobo savamment négligée ?
Un souvenir me revient alors que je vous écris. Ma mère, à Paris, dans le métro puis chez Merci, je lui montre les femmes que j'admire, que je regarde et elle secoue la tête l'air de dire "ça y est je ne suis plus dans le coup, je ne comprends plus rien". Elle me dit "le cheveu est gras, le pantalon mal taillé, la chaussure sale et mal entretenue, le sac sans forme, les couleurs de sa fourrure immondes", ce à quoi, estomaquée, je réponds "elle est tellement cool, tellement naturelle, elle a le dernier sac à main en cuir mou que j'adore et ses bottes sont vintage rock'n'roll. Elle est tellement bobo chic parigo". Les codes, les croyances et les tendances.
Pourtant, en grandissant, je sais que ma mère a raison. Qu'un blaser bleu marine et mes derbys aux pieds auront toujours plus d'effet qu'une énième jupe "genre je copie Carven" et un tee-shirt "mega tendance comme chez Jacqemus". Que l'élégance amène l'uniforme, les basiques et les vêtements simples, ceux qui subliment la personne en ayant le chic d'être discrets mais immanquables. Je pourrais en parler des heures de cette question, c'est pour ça que le livre de Sophie Fontanel m'a plu, c'est pour ça qu'il m'a ému, parfois jusqu'aux larmes. Parce que remarquer un acte élégant, une posture gracieuse, un chemisier raffiné, c'est le comble d'un moment volé d'esthétique délirante, pour moi einh, pas pour tout le monde, je le sais bien. Le Larousse dit qu'esthète est péjoratif car il place le beau au dessus de toutes les autres valeurs. Mais pourquoi est-ce péjoratif ? J'ai passé deux ans dans une école de journalisme a être tiraillé entre mes envies et mes passions pour le beau et la nécessité de connaître le monde et de s'intéresser à la politique, l'économie et la société. J'ai mis deux ans à concilier les deux. Pas dans l'apprentissage car les deux me tiennent à coeur et en haleine mais à concilier publiquement les deux thématiques. A pouvoir parler d'Eames et de la politique fiscale française, à connaître la vie de Le Corbusier par coeur et pouvoir discuter sérieusement de la réforme pénale et en être fière. Ce livre est comme une clôture à un long parcours personnel pour mettre en balance les deux. Arrêter de me flageller parce que je peux hurler devant un meuble, rougir devant un plat, trembler devant une flanelle, m'extasier sur un revêtement, m'ébahir devant une sauce, succomber à un détail. Sophie Fontanel fait du bien car elle ne balaie pas la futilité évidente d'un milieu, elle le prend, le malaxe, le décrit sans faux semblants, avec un amour délirant qui regarderait ses enfants fous. Certes fous mais génies fous. Et elle les gronderait avec amour, parlerait de leur malice et de leur défaut avec attendrissement. Elle ne se voile pas la face en recrachant un monde génial où la mode serait l'épicentre. Elle prend ce qui est notre quotidien et lui redonne une valeur centrale dans nos comportements et nos choix. Elle retranscrit ce monde de luxe qui s'écarte souvent de l'élégance, elle embrasse le choix du beau avec intelligence. Un combat de tous les jours.
mardi 1 décembre 2015
"Aux enfants" de Marie Desplechin, lu par Marie Desplechin pour le climat
La dame parle aux enfants et adolescents, alors, pour le coup, je me considère comme ado. Mamounette passe son temps à me dire que je suis adulte, j'ai sans doute un peu de mal et je n'aime pas franchement la définition de ce mot, mais lorsqu'on s'adresse ainsi aux enfants et ados, j'y reviens avec grand plaisir à cette case rêveuse et optimiste. C'est aussi Mamounette qui m'a dit d'écouter ça, alors j'ai filé sur le Podcast pour écouter ces 8 petites minutes d'amour et d'explication géniale. J'ai presque failli pleurer. Sentimentale moi ? Que nenni. Extrait du livre recueil "Du souffle dans les mots - 30 écrivains s'engagent pour le climat" est paru le 15 novembre 2015 aux éditions Arthaud.
Explication : ""Face à la menace, maintenant si précise, du changement climatique, face à l’espoir aussi que représente la mobilisation mondiale sur ce sujet, que peut la littérature ?"
À ce questionnement initial, posé dans un article paru dans le quotidien Libération du 26 décembre 2014, la Maison des écrivains et de la littérature apporte une réponse concrète avec Le Parlement sensible des écrivains.
Ainsi à la demande de la Maison des écrivains et de la littérature, 30 + 1 écrivains ont composé autant de discours inédits, qu’ils auraient dus lire à l’Assemblée nationale, au cours de la journée du 14 novembre 2015. Cette séance du Parlement sensible vise à porter plus haut dans les consciences, sensiblement, par la voie de la littérature, l’urgence d’agir face aux menaces que représente le réchauffement climatique pour l’humanité."
mardi 1 septembre 2015
Le it-bag ? Un porte-livre
Sur ma Newsletter préférée (La List - newsletter de Stylist, le gratuit le plus drôle de la terre - la nana objective sur rien qui adore touuut) j'ai découvert le it-bag le plus cool de la terre (again) : le porte-livre en cuir de Macon & Lesquoy. Non - mais - c'est - trop - cool. Déjà parce que le matin, je n'ai que ça dans le métro, un livre, et ensuite parce que c'est trop beau. C'est tout. Fin de l'explication.
lundi 10 août 2015
Just Kids et la sensibilité de Patti Smith
![]() |
| Couverture du livre, Patti et Robert pour leur deuxième anniversaire à Coney Island |
C'est compliqué de quitter un livre. Encore plus un livre qu'on a aimé. Alors pour en faire le deuil, car mon emploi du temps "livres" est on ne peut plus chargé - je vous en reparlerai -, j'ai voulu écrire. Quoi de plus normal après la lecture d'un texte de Patti Smith ?
Je ne sais moi-même pas où je veux en venir, j'ai juste besoin d'en parler. Quoi de plus normal que de vous livrer mes pensées ici ?
"Just Kids" de Patti Smith était dans ma bibliothèque depuis un bon bout de temps. Allez savoir pourquoi je ne m'y étais jamais précipitée. Patti Smith a évidemment rythmé mes nuits d'adolescente avec "People have the power" et "Because the night", c'est vous dire le plus de culture que j'avais sur sa personne (ces deux chansons étant ses deux tubes). Elle avait également fait partie de ma connaissance de Bob Dylan, phase que j'ai entretenu durant tout mon lycée. Nommée la Bob Dylan au féminin, je ne la connaissais que par le culte qu'elle portait au même chanteur que moi. A part ça, je la connaissais par son look... si emblématique. Mais le profil que je m'en faisais s'arrêtait tout net là.
![]() |
| Hall Street, Brooklyn, 1968 |
C'est donc sans appétence particulière que j'ai ouvert les pages de "Just Kids" un jour avant mes vacances, le vendredi. Autant vous avouer tout de suite que le dimanche, le livre était terminé et des larmes avaient coulé. Je ne suis pas critique littéraire et je ne sais pas comment l'exercice doit se dérouler. Tout ce que j'ai envi de vous raconter, c'est l'effet que m'a fait ce livre. Les frissons que j'ai eu, littéralement, en le parcourant. Et le monde que j'y ai découvert.
"Just Kids" évoque la relation entre Patti Smith et Robert Mapplethorpe. A part la rétrospective, que j'ai loupé au Grand Palais et désormais je m'en mords les doigts, et ses photos de fleurs ultra-sexuelles, Mapplethorpe m'évoquait ce type un peu effrayant en noir et blanc derrière une canne surmontée d'une tête de mort. C'est vous dire dans quel état de naïveté, j'entamais ce livre. Je souhaite y rester aujourd'hui alors que j'ai terminé le livre car ce qui m'a importé durant ma lecture c'est cette amitié, franche et sincère, entre les deux protagonistes. Après avoir écrit ce texte, et connaissant mon tempérament pour l'obsession, je m'engouffrerai dans des textes et interviews qui me feront certainement découvrir la part obscur de ces deux êtres. En attendant, aucune objectivité, je jette mon âme dans ce livre si poétique.
![]() |
| 23e Rue Ouest, escalier de secours, 1970 |
Je ne vais pas vous raconter le livre, lisez leur histoire elle est merveilleuse, romanesque, épique et orageuse. Evidemment c'est aussi leur histoire qui sert la prose de Patti Smith, la séduction de Robert, son immense intelligence et leur attraction indéniable. Mais non, je ne vais pas vous raconter à quel point ils étaient exceptionnels. Je vais vous raconter l'écriture de Patti, cette poète incontestée qui n'en avait clairement rien à faire de devenir chanteuse. J'ai l'impression de reconnaître les êtres d'exceptions qui sont sexy à souhait "dans leur cerveau". Patti Smith, comme Bob Dylan ou Eddie Sedgwick avant elle, m'a fait l'effet d'une bombe de culture et de délicatesse. Son phrasé est simple - et dieu que pour une nana qui tente en vain de gagner sa vie "en écrivant", je reconnais que l'exercice est périlleux, la difficulté se trouve dans la simplicité - descriptif et nourri d'une sincérité sans faille. Elle n'esquive rien, on sent bien qu'elle se met à nu mais elle sait rester pudique et élégante. Comme lorsqu'elle évoque son mari, Fred Sonic Smith et qu'elle m'arrache une larme : "De celui qui allait devenir mon époux, je dirai simplement ceci : c'était un roi parmi les hommes, et les hommes le reconnaissaient." Tout son ouvrage est teinté du même rythme : la vérité sans aucun jugement. Elle ne juge jamais Robert Mapplethorpe, l'homme de sa vie et grand photographe mort du Sida en 1989. Elle raconte la misère et la faim, les junkies du Chelsea Hôtel, le tapin de Robert, les gobelets remplis de pisse dans sa chambre d'hôtel, la tromperie de son ex musicien, sa rencontre avec Ginsberg ou encore sa rencontre avec Bob Dylan avec une grâce infinie. Non mais qui parlerait de pisse dans un gobelet avec une telle délicatesse, un tel mystère et un sens du romantisme indéniable ?

![]() |
| Trois portraits de Patti Smith par Robert Mapplethorpe |
Elle égrène également son livre de rencontres. Et pour une nana qui a scanné tous les livres de cette époque avec attention, j'adore qu'on me raconte Jim Morrison, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Andy Warhol ou la Factory, Bob Neuwirth... quelle époque. Au Chelsea Hôtel où elle griffonnait de la poésie, Patti Smith a eut comme professeurs Gregory Corso, Allen Ginsberg et William Burroughs. Elle vient à vous faire penser qu'à 23 ans, vous avez clairement raté votre vie. Je me suis donc promise de lire et relire ces trois poètes. Bref j'ai été ravi de lire ce livre, de m'y pencher et d'en rêver. La nuit dernière, j'ai fait un rêve dément avec Patti Smith et je suis certaine qu'elle aurait aimé l'idée.
Enfin, petit questionnement de ma part, comment peut-on avoir une telle mémoire ? Comment peut-on retranscrire de telles dialogues ? Comment peut-on pointer certains moments comme décisifs ? Je sais bien qu'elle cite souvent ses carnets, qu'elle a du relire et relire. Mais dire qu'à ce moment où Robert Mapplethorpe prononce ces mots, bim, ils se font confiance, ou sur telle phrase, ils savent que c'est un accord tacite pour la vie ou à ce moment-ci, elle a été mis sur la voie du rock'n'roll... Et j'aurais mille exemples dans ce genre qui, en bonne journaliste que je suis, me faisait me demander d'où tirait-elle ça ? Comment s'en souvenait-elle ? Elle a donc souvent piqué ma curiosité par sa très grande exigence de rendre son vécu intact.
Et aller savoir pourquoi, la lecture de ses mots, son phrasé et son rythme, m'ont bien souvent fait frémir et tressaillir. Parce qu'on assiste à une histoire d'amour poignante, à deux destins hors normes, à la création d'un livre témoignage par une poétesse punk.
mercredi 11 mars 2015
Nouvel ouvrage de cuisine de Rachel Khoo : dans son propre carnet
La super trop choute trop chouette Rachel Khoo sort un nouveau livre de cuisine, souvenez-vous je vous en parlais pour son premier ouvrage. Elle a concocté une petite vidéo pour qu'on se lèche les babines à l'avance de cet ouvrage qui comportera les recettes de son propre carnet de cuisine. Enorme MIAM.
vendredi 6 mars 2015
Happy birthday to myself
Et pour cet anniversaire (de moi-même comme le titre l'indique), j'avais envie de vous poster cette photo d'Instagram (que j'ai posté sur Instagram) et qui reprend une citation de Desproges dans l'ouvrage "Encore des nouilles". D'abord parce que cette citation est incroyable... Ensuite parce que grâce à ce petit recueil de ses chroniques dans la revue Cuisine et Vins de France et malgré mon jeune âge, je découvre Pierre Desproges dans toute sa prose et son génie des mots (mais génie aussi tout court). Enfin parce que l'ayant acheté en décembre, je n'ai remarqué qu'après le 7 janvier que tout l'ouvrage était illustré par les dessinateurs de Charlie. Et que depuis, toujours larme à l'oeil, je contemple avec un sourire au lèvre les perfidies de Tignous, la maîtrise de Cabu, le regard lubrique de Wolinski, l'angle assassin de Charb et l'humour cinglant de Luz. Et ces dessins ont une autre couleur qu'en décembre dernier. Quand ça ne m'avait même pas frappé que j'avais sous le nez des grandes signatures. J'avais envie de mettre ça aujourd'hui que je grandis.
Belle journée à tous mes petits amours -
samedi 4 octobre 2014
Les Gens Heureux de Judith Bizet
Je vous parle peu de livre... et pourtant j'en lis mais je n'ai pas encore l'assurance des mots pour décrire une expérience de lecture et j'ai toujours trouvé ça extrêmement personnelle, une lecture. Une lecture fera obligatoirement référence à votre vie personnelle, à une comparaison aux héros et certes, à une fluidité d'écriture qu'on aime ou pas. Parler de livre c'est très très subjectif.
Ce serait mentir de dire que je ne connais pas Judith Bizet... elle a bercé mes lectures nocturnes d'adolescente. Pliée sous ma couette je m'évertuais à tenir ma lampe poche d'une main, tournicoter mes cheveux d'une autre et bloquer le livre avec mon coude, une aventure de tous les soirs pour ne pas éveiller les soupçons d'un père catégorique en matière d'horaire pour aller au lit. J'ai donc lu Le Clavier de Papier ainsi que Le Bruit du monde dans une tasse de thé durant mon apprentissage littéraire. J'en ai gardé un souvenir précis et doux, ce qui ne trompe jamais. Lisez un livre et pensez-y quelques années plus tard, si vous ne ressentez pas de sentiment particulier, je vous le dis, vous n'avez pas aimé. Pour moi, ces lectures m'évoquent la sérénité et la satisfaction de jolies chutes.
Cette fois-ci Judith Bizet revient avec Les Gens Heureux, histoire de Hortense, lingère à l'Elysée et d'Augustin, chercheur qui lui, semble rêver secrètement d'un enfant. Une histoire qui devrait encore une fois me marquer. Je vous le conseille donc, à vous aussi, vivement.
E-shop pour vous offrir cette petite merveille et vous évader le soir, sous la couette.
lundi 8 septembre 2014
Le mois d'août dans mon assiette
Attention. En août, l'été, on mange beau-coup.
Salade d'été à Nantes par Mamounette.
Enfin testé L'éclaire de génie dans le Marais rapporté à la maison... un délice pour les classiques, un peu déçue pour les saveurs plus exotiques, en toute logique.
Petit gueuleton à La Rallonge (souvenez-vous, mon resto préféré (au moins du 18e) dont je vous parle constamment) avec un fameux dessert : une compoté d'abricot du Roussillon, orgeat et langue de chat à la verveine. Oui, oui, c'était à tomber...
Midi chez Mme Shawn dans le Marais, une franchise qui garde tout de même de belles références et reste un bon classique.
Jus de fruit au Comptoir Général, lieu à ne pas louper si vous passez par Paris.
Enorme débat et énorme fourire sur le principe du : on achèterait n'importe quoi sous prétexte d'un joli packaging qui prend des apparences de cure de jouvence pour l'organisme. Mais en vrai, c'était dégueu dégueu dégueu.
Déjeuner sur le pouce chez Mum Dim Sum - toujours aussi bon - toujours aussi beau : chronique de mon premier passage ici.
Vous allez forcément vous arrêter quelques instants sur cette immonde photo en vous demandant ce que c'était, ce que je veux vous montrer, ce que je fais de ce blog... Mais non non, c'était un délice dégusté à La Recyclerie porté sur la cuisine péruvienne.
Ce n'est pas vraiment "dans mon assiette" mais bientôt... En attendant, ce sont les deux livres qui ont débarqué dans ma cuisine cet été. Hâte de vous en re-parler.
Difficile de commencer l'été (les vacances) autrement qu'avec des moules à la plancha...
Salade de tomates du jardin, basilic, petits oignons, huile d'olive : je n'ai toujours pas trouvé plus délicieux.
Et on répète ça chaque midi... en mangeant au soleil.
Après une bonne pêche de pignons (tellines pour les sudistes)...
... le repas est servi !
Mamounette savait bien qu'il fallait me faire faire un burger maison pour que je passe de vraies bonnes vacances ahahah.
Un spritz au soleil, meilleur cocktail du monde !
Crèmes brûlées -
A l'ile de Ré, festin face à la mer dont je vous reparle rapidement.
Inimitables glaces de La Martinière sur l'Ile de Ré : les meilleures.
Les tomates continuent d'égayer notre été... la burrata en plus.
Difficile de se plaindre avec une vue pareil !
Apéro face à la mer et coup de coeur pour le thon fumé... petite tuerie.
Je sais, je bois trop... mais c'est rien que pour la photo Instagram bien évidemment...
La plongée dans la bonbonnière demande une immense volonté pour re-sortir.
Ground Control, dont j'ai hâte de vous parler parce que c'est un lieu éphémère qui ferme bientôt (et il faut absolument que vous y alliez !!), a une bière blanche absolument délicieuse et des hot dogs à prix raisonnables et au goût américain (ouai, cash !).
Première orgie à Rock en Seine mais orgie naze car ces wraps étaient CHERS et MAUVAIS ! Tant mieux pour eux, j'ai oublié le nom du foodtruck, mais croyez-moi, j'étais TRISTE. Heureusement qu'Alex Turner et les Arctic Monkeys étaient là juste après...
Ramassage de nos tomates ! Grosse fierté !
L'orgie à Rock en Seine à continuer entre burger du foodtruck Wagy (il faut que je vous en parle car très belle surprise), sandwich créole (oui oui oui, frites de patates douce et épices) et crêpe au Nutella, heureusement que j'ai sautillé constamment pendant trois jours car sinon, croyez-moi, je roulerai désormais...
Pour que la rentrée se digère mieux... foncez chez Filakia dont je vous ai déjà dit tout le bien que je pensais ICI. C'est mon meilleur remède.
Rentrée = apéro post cours / heureusement !
Retour à Paris = planchette de charcut'
Pose déjeuner chez Chartier, illustre brasserie parisienne, désuète et élégante, pas cher, populaire voir touristique, les plats sont basiques mais bien confectionnés. Allez-y surtout pour l'ambiance, on s'y croirait vraiment.
Burger maison avec du cheddar et du pain muffin, belle réussite.
Brunch au Pavillon des Canaux, autre lieu hybride dont il me tarde de vous parler pour vous faire passer un joli moment !
A plus mes Minions.
Inscription à :
Articles (Atom)


























